Le rouge avec le type qui fait du baseball, ce devait être celui de mon frère, parce que celui de ma sœur était vert et le mien, je m'en souviens très bien, était orange avec des cactus et des sombreros dessus. Olé. Mais c'est le rouge que j'ai récupéré dans un tiroir chez mes parents. Tout comme moi, il n'a pas pris une ride.
Je l'aime toujours beaucoup: il est petit, mignon, il est costaud, son débit excellent et sa plume rigide est précise, fine à l'endroit, très fine à l'envers et me fait généreusement profiter d'un feed-back très agréable.
Le rouge est à moi, donc, et les autres, me demanderez-vous ? Ils sont à mes filles, vous répondrai-je.
Petite anecdote passionnante: l'un d'eux manque à l'appel. En effet, il y a 4 ans, je me rendais chez Auchan avec les prunelles de mes yeux. Mon aînée prend toujours un stylo avec elle: elle écrit et dessine partout et tout le temps, et cette fois-là, c'était un petit Creeks aux motifs floraux que nous avions trouvé en brocante quelques semaines plus tôt. Nous entrons dans le supermarché, puis passons de rayon en rayon, puis à la caisse, puis nous sortons et nous dirigeons vers la maison (on fait les courses, quoi).
Une fois rentrés chez nous, nous ressortons: le Creeks n'est plus dans la poche de la pauvre enfant. Je tente de la rassurer: "On va le retrouver: quand l'as-tu sorti" "A la caisse... et dans le magasin... Je sais plus...".
Sur le chemin, ciel gris pisseux, petite pluie fine, la tension est extrême: je suis furax de devoir y retourner, les filles, elles, sont en panique. Nous furetons à droite, nous furetons à gauche, puis de retour dans le magasin: idem. La caissière n'a rien trouvé non plus. Nous ressortons, la mort dans l'âme, et entamons la traversée du gros boulevard qui fait face au Auchan. "Regarde !" S'écrit la cadette. Je vois alors ma Noémie fondre en larmes, comme jamais. Sur la route, sur cinq mètres, sont éparpillés les morceaux brisés de son précieux stylo. Il était tombé de sa poche, une voiture ou un semi-remorque a dû rouler dessus, elle est inconsolable. La scène est pathétique. Je ramasse la plume aplatie. Je lui dis que je pourrai peut-être la redresser, qu'on la mettra sur un autre stylo, qu'un de perdu c'est dix de retrouvés, que de toute façon il n'était pas si chouette que ça, que maintenant qu'il n'est plus de ce monde il est sûrement plus heureux vu que ce monde il est vraiment merdique, que peut-être que c'est mieux comme ça... tout ce qu'il ne faut pas dire à une fillette de 9 ans qui vient de perdre son joli stylo plume... Inconsolable.
Aujourd'hui elle s'est remise de cette épreuve, je vous rassure. Je cherche une conclusion... Oui, donc, voilà: je devrais parler des enfants, des enfants en nous, du lien très fort que nous pouvons entretenir avec certains objets, et parler des stylos plume que nous aimons tous tant, en revenir aux Creeks, tout ça.
Bon, assez pleuré: les photos:



Il mesure 12 cm fermé...

...14,5 cm posté, 10,5 cm non posté

J'aime beaucoup leurs plumes

Il y a un lest en métal caché dans le cul du stylo. Il est agréable en main.

Il aime dessiner


Anveville m'a suggéré de faire un dessin pour illustrer les déboires de ma fille:


Bon week-end !











