Les Pays-Bas ont des canaux, du fromage, du gaz et puis quelques magasins de stylos remarquables - le Akkerman de La Haie et puis le Vulpennenwereld de Groningue dont manohan avait parlé ici aussi en sont deux. Je passais donc devant cette dernière petite boutique plutôt bien fournit en stylos de base, mais aussi de quelques 88 (le stylo parfait!) par exemple quand je vu un Aurora International orange en vitrine à un prix qu’on ne refuse pas (hum, les néerlandais un peu pingres m’auraient-ils converti?). Je rentre, je regarde (oh surprise, des paillettes dans le corps, je ne savais pas), j’écris… et je ressors avec le stylo et une bouteille de blueblack turinoise pour bonne mesure.
Mais qu’est-ce donc que le International?
L’International de Aurora était il y a bien longtemps une des nombreuses copies du Duofold, avec sont flat top et un remplissage par sac dont le levier était au cul du stylo. En voici deux images issues d’un site de vente (Zona900).


On reconnaît bien la section du Duofold, mais on voit aussi des différences comme le galbe du corps ou la frise grecque typique de la marque de Turin. Bref, ce n’est pas une simple copie, mais bien une réinterprétation du fameux stylo Parker.
Une autre série limitée, pour quoi faire? Je pense que vous êtes bien familiers avec le débat, les producteurs de stylos nous ressortent des vieux modèles modernisés en série limitée et nous font payer bien cher ces produits. Pour avoir de nombreux vintages (vieux mais fonctionnel, ça va bientôt me décrire aussi…) dont j’apprécie le charme, l’histoire et aussi le coté unique de chaque pièce que a traversé les années en survivant aux risquent de la vie de stylo, il me semble que ces stylos modernes inspirés des modèles anciens ont aussi une place. Le stylo d’hier avec le confort d’aujourd’hui, c’est pas mal, non… et puis chez Aurora, les plumes ont toujours un intérêt - la flexibilité des modèles anciens ne serait-elle pas aussi la simple conséquence d’une recherche de prix maximum en limitant l’or utilisé? Je m’égare, mais vous voyez bien que stylos modernes, vrais vintages et modèles hommage ont tous un intérêt pour moi.
Alors, on y va…
Pour commencer, c’est bien une série limitée, même si le numéro sur le capuchon ne suggère qu’une série numérotée. En fait, 919 de ces stylos existent selon le site de Aurora.

Le design lui-même est plus droit que l’original mais moins que les Duofolds anciens il me semble. J’aime assez bien la simplicité que cela implique (d’où aussi mon amour pour le numéro 7) et j’ai un faible pour les flat tops.
La section courte avec l’arrêt bien marqué mes plaît, même si je touche un peu le filetage. Sur quelques pages ce n’est pas gênant du tout.


La recharge se fait par piston, c’est très bien pour un tel stylo.
Le matériau du corps m’a un peu surpris. J’avais déjà vu le stylo chez Akkerman en orange il y a quelques années sans l’avoir pris en main car ce matériau me semblait un peu fade, pensant préférer le vert. Mais en vitrine, je m’aperçus qu’il contient des petites paillettes couleurs or du meilleur effet… me voilà donc totalement satisfais avec ce matériau joli, brillant sans être tape à l’œil.

C’est sur le capuchon que le design diffère le plus du vintage. Aurora a remplacé la bague au motif grecque pour trois anneaux fins qui ne font pas de compétition au clip assez travaillé. C’est un choix que me plaît, et pour ceux qui se le demande, le capuchon est assez différent du Dante (j’avais moi même un doute et je m’empressais de vérifier une fois à la maison).


La prise en main est très naturelle, on n’a pas d’éléments qui pourraient gêner les doigts à part le filetage très doux et qui ne m’embête pas (pour référence, je ne me suis jamais habitué au Lamy2000 et ses ergots, ce qui me fait regretter son excellente plume OM). C’est aussi très proche des stylos des années 1930, non seulement Parker mais aussi mes CS DURO 2 chéris.
La plume me semble la même que celle du Dante, et probablement du 88 (je n’ai pas vérifié…, je ferai une photo si quelqu’un le veut). Bien sûr, la plume de mon 88 (noir, un stylo, c’est noir) est parfaite avec juste le petit grattement Aurora qui va bien, celle du Dante est un peu trop lisse, et celle-ci est entre les deux, plus proche du Dante que du 88, mais jusqu’à présent elle me plaît. (note: les plumes trop lisses me semblent souvent difficiles à contrôler avec mon écriture impulsive).



Et ça écrit comment ce truc là? Comme je l’écrivais juste avant, la plume a un tout petit retour qui me plaît et aide bien au control sur les papiers lisses. Je n’utilise que rarement le Clairefontaine patinoire, mais sur le Japonais coton bien lisse du petit test et des lettres envoyées il y a peu c’est très bien. Il se co porte très bien, même par rapport à mes étalons (le numéros 7 et le 88)… ce n’est donc pas qu’une série limitée mais un vrai stylo comme sait les fabriquer la maison de Turin.

Voilà, j’espère que ça vous a plu.










