
La plume était indiquée comme tordue. Je ne suis pas un expert mais je pense que c’est sa forme initiale retroussée (bien que l’espace entre le conduit et la plume soit quand même un peu louche…).

Cette plume mérite une photo de face (désolé, pas de macro potable) car c’est elle qui m’a décidé à acquérir ce Sheaffer :

Eh oui, une belle petite stub, pas trop large, utilisable au quotidien ! Les becs légèrement décalés mais rien de dramatique, et apparemment d'origine, sur une base d'iridium (et non pas tronquée jusqu'à l'or comme ça arrive parfois).
Par contre je m’en méfie actuellement comme de la peste et n’ose pas trop l’utiliser… Car en fait elle cache sous ses dorures les stigmates d’une maladie honteuse, une pilosité débridée qui me fait renâcler : des moisissures ! Je m'en doutais un peu d'après les photos du vendeur mais le reste était trop alléchant que pour laisser passer l’occasion !

J'ai déjà eu à faire à des moisissures dans un vieux stylo et d'après mon expérience, on ne s'en débarasse pas si facilement avec les moyens du bord (vinaigre et/ou ammoniaque dans mon cas). Le capuchon du plongeur se dévisse et je peux tirer la tige sur 1 cm mais ça s’arrête là et ça complique un peu les choses. Actuellement je peux juste trempoter la plume mais je ne peux pas rincer correctement par après donc pas une bonne idée d'utiliser un truc trop agressif.
Pour bien faire il faudrait désolidariser la section du corps (ça ça devrait être ok) mais aussi dévisser la plume conique de sa section pour pouvoir nettoyer correctement le conduit. Cette dernière opération est délicate voire impossible selon le site de Richard Binder. La bonne nouvelle est que ce Triumph est, toujours selon ce site, de seconde génération (section plus longue) et que la plume est donc probablement vissée sur la section, mais le pas de vis brasé est plutôt délicat et souvent oxydé.
J'envisage deux étapes pour le nettoyage, impliquant deux questions :
1. Je tente un démontage simple et laisse la section et la plume assemblées; je passe cette unité plusieurs fois au bain ultrasons avec un liquide désinfectant "costaud". J'ai lu que du phénol pourrait faire l'affaire (attention, à faire en condition labo et sous ventilation !). Par après, l'unité sera encrée et observée pendant quelques mois pour voir si les moisissures reviennent.
Auriez-vous éventuellement d'autres procédures/expériences/propositions de désinfectant ?
2. Si 1 ne fonctionne pas, je tente le tout pour le tout, un dévissage de la plume. Mais après il me faut encore démonter l'unité d'étanchéité au derrière du stylo, trouver les joints qui vont bien et tenter de tout remonter proprement... Soudain je me souviens pourquoi je laissais ces vacuum-filler pour plus tard !
Du coup, connaissez-vous quelqu’un qui peut réparer/désinfecter des Sheaffer vacuum-filler en Europe ?
Question subsidiaire : que faites-vous lorsque vous trouvez des moisissures sur un stylo que vous avez envie d'utiliser ?





